Est-il possible de créer le cri effrayant de tous les enfants torturés jusqu’à en mourir ? C’est le pari fou d’un prêtre protégé par sa communauté qui a commencé son office de terreur dans les pensionnats religieux du Canada regroupant des enfants des peuples premiers, autochtones, pour soi-disant les faire accéder à la civilisation occidentale en les séparant de leur famille. Marie Capron via son double fictif la commissaire réunionnaise Priya Dharmesh, mène l’enquête qui va la conduire d’un concert du DJ Munch jusqu’aux contrées quasi désertiques du Canada.

Beaucoup de monde, et du beau, s’intéresse aux recherches du prédateur/bourreau pour posséder un pouvoir inédit sur la foule. La DGSI est sur les rangs entre autres. La commissaire et ses acolytes – leurs portraits est une des réussites du livre – en compagnie d’un rescapé de ses camps de la mort et de la souffrance, Nagamo, veulent détruire cette arme de guerre inédite.

« Requiem pour un cri » est un titre qu’il faut prendre au pied de la lettre. La synthèse que veut réaliser le tortionnaire est un message de mort, LE cri de la souffrance humaine de toute la souffrance humaine. Ce cri fait référence à tous les camps de concentration, nazis comme ceux construits lors de la guerre d’Algérie qui a vu mourir 200 000 personnes en majorité des enfants. Les enlèvements d’enfants à leur famille des populations indigènes ont été une constante de toutes les colonisations. Un polar cri d’indignation – un cri nécessaire de révolte et d’appel au combat – contre toues les exactions mais aussi contre toutes les manipulations et pour la reconnaissance de toutes les populations colonisées ou mises en esclavage.

Nicolas Béniès

« Requiem pour un cri », Marie Capron, Viviane Hamy Éditions


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