Max Britsky est né dans le Lower East Side, quartier le plus pauvre de New York en cette fin du 19e, début du 20e,, son père meurt d’épuisement au travail lorsqu’il a 12 ans et il prend en charge la famille, sa mère, ses frères et sœurs. Pour s’en sortir, comme la plupart de ces émigrés juifs d’Europe de l’est qui parlent yiddish en première langue et garderont un accent dans leur pratique de l’anglais qui les fera reconnaître de loin, « Max », titre de roman signé Howard Fast, pratiquera plusieurs boulots dont la pratique du théâtre juif très en vogue dans les années du début du 20e. Il aura une illumination, lui qui n’a pas pu aller à l’école, en découvrant les premières machines d’images animées dues à Edison et Eastman. Ces premiers pas du cinéma sont évoqués avec le regard émerveillé et intéressé de Max. Ce fil directeur permet aussi de comprendre comment ce jeune homme qui n’a été ni un enfant, ni un ado, comprend le pouvoir de ce nouvel art qui lui permet de sortir de la misère. Il partira à Hollywood pour fuir les exigences de Edison et Eastman qui ne pensent que bénéfice à court terme sans se préoccuper du développement de cette industrie. La description de Los Angeles avant la construction de l’usine à rêves vaut la peine d’être lue pour comprendre les formes du développement de la ville.

« Max » raconte aussi la lutte des classes. Le mariage avec une institutrice juive mais issue d’un milieu bourgeois de Brooklyn décrit, dans les affrontements futurs après le divorce, la haine de classe contre ce parvenu inculte qui a réussit à construire un empire impossible, celui des rêves. Howard Fast décrit cette opposition que Max ne peut pas comprendre. Il n’a pas les outils intellectuels.

Un roman plus vrai que nature. Beaucoup de magnats d’Hollywood ont sans doute servis de modèles pour un livre qui montre aussi que le rêve américain du melting pot, le creuset commun, n’a jamais existé.

Nicolas Béniès

« Max », Howard Fast, traduit par Patrick Couton, 10/18


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