Jeremy, toujours amoureux de Camille, s’essaie à la composition d’une comédie musicale avec un parolier, par ailleurs clarinettiste classique, Paul Green. Évocation de ces créations étranges sur les scènes parisiennes à commencer, bien sur, par la Revue Nègre, au Théâtre des Champs Élysées, avec comme vedette Joséphine Baker et, dans l’ombre, Sidney Bechet seul musicien à être mentionné dans les gazettes de l’époque. L’orchestre accompagnateur, celui de Claude Hopkins – le pianiste a prétendu dans son autobiographie, avoir engagé Joséphine qui lui a volé la vedette -, est resté souvent inconnu des contemporains. Il était logique que l’autrice n’en parle pas. Par contre, elle nous fait visiter Paris, le quartier latin, en faisant courir Jeremy d’un point à un autre.

Les descriptions, comme la mention des auteurs de ce temps, des peintres, Fernand Léger pour les décors de la Revue Nègre, Pablo Picasso ou des librettistes et compositeurs dressent le portrait d’une époque, une sorte de cartographie. Par l’intrigue, elle remet en perspective l’histoire des Caf’Conc tout autant que les attractions de l’avant Première Guerre Mondiale. Manière d’indiquer les changements opérés lors de ces années folles qui brillent au firmament de la création dans tous les domaines de la culture, des sciences et de toutes les activités humaines.

L’intrigue en elle-même est le fruit de l’air de cette fin du 19e : corruption, mensonge, escroqueries en tout genre qui suscite la vengeance du 20e pour clore la période. Elle le dessine en montrant un Victor Legris – héros de la série précédente – vieillissant et ne voulant pas se mêler de l’enquête de Jeremy… Autre temps, autres mœurs…

A suivre…

Nicolas Béniès

« Les nids de l’hirondelle », Claude Izner, 10/18


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