« Le laboratoire des ombres », titre évocateur du thème central de ce roman signé David S. Khara. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme comme aurait dit un auteur du passé. C’est aussi un vrai laboratoire dans lequel l’auteur nous fait pénétrer, celui de Faraday qui, à Londres ici en 1841, poursuit empiriquement ses recherches sur l’électricité pour en faire un outil au service de tous.
Il présente ses recherches au public par des conférences et note toutes ses recherches sur de petits carnets. L’un d’entre eux sert de fil conducteur à cette enquête menée par le seul agent des services spéciaux à cette époque, un dénommé Gaston. Les débuts de la recherche du groupe qui veut supprimer les grands de ce monde grâce à l’utilisation des découvertes de Faraday fait penser à une nouvelle version de James Bond. Les références sont là. Le chef du service veut se faire appeler « M »…
Impression fugitive pourtant, d’autres références viendront à l’esprit mais le retournement le plus spectaculaire viendra très vite faisant exploser toutes les citations. Le personnage central qui s’impose sera…Faraday. Le couple Gaston/Faraday est une trouvaille. Le sous titre, « Embraser le monde » introduit bien la thématique.
Khara donne à voir le savant dans son élément, le laboratoire tout en interrogeant sur la pertinence de certaines recherches, c’est la partie originale de ce roman, l’enquête ne connaît guère de rebondissement et, surtout, le style est très relâché. Les débuts de chapitre sont remplis des poncifs les plus éculés qui ont du mal à passer pour de l’ironie critique des polars habituels. Avouons que certains sont plus drôles que d’autres en fonction de l’action.
Au total un polar qui se tient avec même un regard sur la société de cette époque et un changement de paradigme pour les héros à la James Bond.
Nicolas Béniès
« Le laboratoire des ombres », David S. Khara, Éditions Maison Pop
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