Pascal Vatinel dans « Le chant des galahs » fait pénétrer à la fois dans la région quasi désertique de Goldfields-Espérance, en Australie, dans les us et coutumes des Aborigènes et dans la prise de conscience d’un policier honnête qui découvre son pays et ses corruptions comme ses préjugés meurtriers.

La référence à Arthur Upfield, le père du polar ethnologique, vient immédiatement à l’esprit via un policier issu des tribus existantes. Au-delà, l’intrigue est clairement inscrite dans notre époque, 2018, qui met en scène un groupe de scientifiques et de mercenaires – dont un venant d’Afrique du Sud – dont le but, sous prétexte de lutte contre la crise écologique, est de spolier les Aborigènes pour s’approprier leur territoire. Des champs d’or pour ces capitalistes sans scrupule.

Archie Anderson, descendant d’Écossais – un clin d’œil à Upfield – est tout jeune sorti de l’école de police. Il découvre ces territoires, l’amour et les Aborigènes sans compter le poids des groupes politiques d’extrême droite centrés autour de la suprématie de l’homme blanc qui gangrènent la police. Il survivra difficilement à tous ces dangers pour apprendre le respect mutuel et les limites de la justice face à la force du capital.

La description du plan forgé par les fonds d’investissement est crédible et éclaire la citation de Goethe : « Celui qui veut tromper les hommes doit avant tout rendre l’absurde plausible. » Ou comment utiliser la nécessité de la lutte pour la préservation de l’environnement en une vaste entreprise de faire des profits sur le dos des plus démunis. Une manière aussi de prévenir que tout ce qui apparaît comme vert n’est pas forcément honnête à partir du moment où il est question de valoriser des capitaux. Une interrogation sur le « capitalisme vert ».

Nicolas Béniès

« Le chant des galahs », Pascal Vatinel, Mikros Noir/éditions de l’Aube


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