Jean-Luc Bizien est un pro du mélange, des genres, des références et des époques. Pour cette « Enquête ,à Venise », tome deux des la série « Le cabinet des illusions », il place son magicien pas vraiment chinois malgré les apparences et son nom, Chung Ling Soo, face au futur fantôme de l’Opéra, roman policier de Gaston Leroux dans une Venise qui doit beaucoup à Hugo Pratt dont le père ou le grand-père a un rôle dans cette histoire comme la franc maçonnerie.

Pas de miracles ni de magie dans une investigation classique secouée par les numéros de prestidigitation qui suppose tout un appareillage et une préparation méticuleuse de toute une équipe qui doit savoir faire semblant naturellement. La balade dans cette Venise forcément noyée de brume, sujette à la montée des eaux – déjà en 1907, année où se passe cette histoire – qui fait que la ville lacustre ne se reconnaît pas elle-même cachée par ces masques qui répondent à ceux portés par les Vénitiens plus souvent que les Vénitiennes. Les fêtes données dans les beaux quartiers pourraient servir de bruit de fond.

Le coupable de la mystification apparaît logiquement. C’est le seul possible. Par contre ses mobiles ne sont pas très convaincants. Pourquoi un fantôme alors qu’un magicien se produit dans le théâtre Rossini et, surtout pourquoi les meurtres ? Hugo Pratt sans doute ferait appel à Corto Maltese pour dire que l’absurde est la seule explication possible.

Nicolas Béniès

« Le cabinet des illusions, enquête à Venise, 1907 », Jean-Luc Bizien, édition Maison Pop


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