Une histoire, des histoires de rencontre bizarres, étranges, forcément de troisième type entre humain.e.s et des extra-terrestres est un thème récurrent des films de Spielberg, un monde fraternel, amical qui se retrouve dans ce roman de Connie Willis, « La route de Roswell ». La première partie, l’irruption d’une boule de laine, de tissu dans la voiture de Francie qui, bien sûr ne croit pas aux êtres venus d’ailleurs, est désopilante, une comédie sur les apprentissages – apprendre la langue par l’intermédiaire des westerns – et sur la manie généralisée de texto, scroller dans le texte, mais aussi sur la transformation des habitudes pour tenir compte des désirs et des besoins de l’autre. Elle réunit un couple formé par l’arrivée de l’extra terrestre, une faussaire capable de faire tomber de l’argent des machines des casinos, un producteur en mal de vacances, un réac qui croit que le gouvernement cache des secrets, un aréopage qui ne dépare pas avec le petit frère d’ET et même le dépasse en terme de marginalité.
La peur de départ devant l’inconnu cède la place à des reconnaissances réciproques et pas seulement avec la boule de tissu. Les réactions diverses provoque le rire. La deuxième partie est plus convenue. Se retrouve l’univers de la science fiction habituelle lorsqu’elle est accueillante, lorsqu’elle met en avant la nécessité des solidarités entre les peuples. L’autrice ajoute une poignée du monde des « Men In Black » pour faire bonne mesure et le tour est joué.
Difficile de résister à l’empathie qui se dégage de ce road movie d’un nouveau type, du troisième évidemment
Nicolas Béniès
« La route de Roswell », Connie Willis, traduit par Pierre Simon, Exofictions/Actes Sud,
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