Confrontés à la baisse des budgets du ministère de la Culture et des collectivités locales, de plus en plus de lieux et de compagnies sont menacés de disparition. Quelques exemples :
- Le Studio-théâtre d’Alfortville
Depuis 5 ans, Christian Benedetti voit fondre les subventions octroyées par les tutelles, à l’exception de celle de la ville. La subvention accordée par la DRAC (État et Région) a presque été divisée par 2 tandis que celle du département était purement et simplement supprimée. Il ne s’agit pourtant pas d’un petit lieu. Christian Benedetti y a fait découvrir Sarah Kane et Falk Richter, a arpenté tout Tchekhov, offert le théâtre à de jeunes metteurs en scène talentueux comme Elsa Granat, aujourd’hui programmée à la Comédie Française. Bien que le lieu ait fait d’énormes efforts d’économies (il n’y a plus que 2 permanents, l’administrateur et le directeur, il n’y a plus de régisseur, le théâtre fait désormais appel à des intermittents) le théâtre est toujours menacé.
- Le théâtre de Sartrouville
Après la réduction de la subvention du département de 350000 euros et de celle de l’Etat de 41000 euros, son directeur Abdelwaheb Sefsaf, signataire de spectacles qui, comme Kaldûn en 2023 et Alif cette année, ont été salués par la presse et soutenu par son public, dit ne plus pouvoir remplir le cahier des charges qui est celui d’un CDN. Il semble pourtant avoir rempli son contrat, 556 représentations, 8 créations, 11 coproductions et un important volume d’actions culturelles. La mairie maintient sa subvention, même si le maire dit que l’actuel directeur n’était pas son candidat. Pour le moment la situation semble bloquée. Le directeur attend toujours le renouvellement de son contrat et ne peut plus rien mettre en place au-delà du 1er janvier 2027.
- La Maison Maria Casares à Alloue
Espace emblématique où a vécu la grande tragédienne et qu’elle a léguée à la Commune d’Alloue « pour remercier la France d’avoir été pour elle et sa famille une terre d’asile » après la défaite des Républicains espagnols, la Maison Maria Casares se trouve en difficulté au moment où elle célèbre les trente ans de la disparition de la comédienne et les dix ans du festival d’été. En dépit de son projet culturel reconnu, de son fort ancrage territorial et de son engagement constant en faveur de la création et de l’accès à la culture en milieu rural, malgré les 7000 entrées comptabilisées l’an passé ainsi que les 4000 entrées à la Scène Maria Casares à Poitiers, la Maison Maria Casares, labellisée Centre Culturel de Rencontre, voit son fonctionnement menacé par la diminution des subventions de la DRAC. Le meilleur moyen de la soutenir est d’aller au festival d’été du 25 juillet au 15 août avec des goûters et des apéros-spectacle, et de beaux dîners-spectacle avec un Peer Gynt adapté et mis en scène par Matthieu Roy. Programme complet sur le site de la Maison Maria Casares.
Micheline Rousselet
Des militants partagent ici des critiques littéraires, musicales, cinématographiques ou encore des échos des dernières expositions mais aussi des informations sur les mobilisations des professionnels du secteur artistique.
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