Christine, une jeune novice franciscaine, un peu indisciplinée et en souffrance après le décès de sa Mère Supérieure, part pour rejoindre son couvent près d’Orléans, quelques jours avant de prononcer ses vœux. Sur la route, elle rencontre deux Sœurs de la Perpétuelle Indulgence qui vont l’entraîner dans un périple rocambolesque à Paris, à la rencontre de lesbiennes, queers et trans, haut.e.s en couleur. Ils et elles vont la conduire à douter et à réfléchir à ses valeurs. Sous le règne de l’humour, les préjugés sont mis à mal et un idéal de liberté, de respect de l’autre, de ses idées et pratiques sexuelles s’épanouit. Avec les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, elle comprend que l’essentiel est de vivre le mieux possible ses choix en prenant soin de son prochain et en contribuant à la lutte contre le SIDA.

Sur un rythme soutenu, où punchlines, jeux de mots et humour moqueur se multiplient car ces bonnes sœurs ont la répartie facile et que Christine se met vite au diapason. Les robes de bure et les cornettes laissent place à des tenues sexy, débardeurs transparents, robes aux couleurs éclatantes, paillettes, chaussures aux talons vertigineux. Les trois Prie-dieu du début deviennent des sièges d’automobile, une table d’autel se transforme quand, aux côtés des bougies, apparaissent des sexes en plastique fluo. Les comédiennes (Clarisse Chatillon, Alice Etienne, Amélie Husson, Jeanne Ros) et le comédien, Martin Nadal, font assaut d’humour, d’ironie, changent de costume en un clin d’œil et peignent leur visage de maquillages extravagants et colorés comme leurs robes.

Pour ce spectacle Alice Etienne, qui assure la mise en scène assistée par la dramaturge Lilas Roy autrice du texte, s’est documentée en assistant aux séances du « couvent de Paris » où se retrouvent des Sœurs engagées sur les traces du mouvement né dans le mouvement LGBT à San Francisco en 1979 et engagées dans la lutte contre le SIDA. Même si l’on y parle de sujets graves, deuil, SIDA, homophobie, c’est une comédie joyeuse, délirante, déjantée, irrévérencieuse qui ne choquera pas les croyants pour peu qu’ils aient un peu d’humour et l’esprit ouvert.

Un spectacle combattant l’ignorance, prônant la tolérance et le respect de l’autre et de ses choix en matière de pratiques sexuelles, tout à fait bienvenu en ces temps où la régression progresse.

Micheline Rousselet

Jusqu’au 10 mai à La Reine Blanche, 2 bis Passage Ruelle, 75018 Paris – du mercredi au vendredi à 21h, les samedis à 20h les dimanches à 18h – Réservations : 01 40 05 06 96 ou reservation@scenesblanches.com – Festival Off d’Avignon du 4 au 21 juillet (relâche les 9 et 16 juillet) à La Manufacture à 13h25


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