En 1914, Eugène, beau jeune homme vif et insolent, part à la guerre comme engagé volontaire.

Atteint par un éclat d’obus à Verdun, il a la moitié du visage arrachée et compte parmi ceux qu’on a appelé les gueules cassées.

Admis au Val-de -Grâce pour une longue période de convalescence, il a totalement perdu goût à la vie.

Jusqu’au jour où il rencontre la comédienne du Français Sarah Bernhardt venue rendre visite aux blessés dans le cadre du théâtre aux Armées.

Elle remarque Eugène qui, malgré son handicap, montre des qualités de lecteur à haute voix et va le convaincre de se lancer dans le théâtre, la seule chose qui, selon elle, pourra le sauver.

Elle l’encourage à embrasser le rôle de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand en utilisant un masque. Après d’épouvantables souffrances Il finit par remporter un immense succès sur les planches.

C’est Sarah Bernhardt, admirative face à une tel exemple de dépassement de soi, qui lui attribuera le qualificatif de «vibrant» qui revient à tous ceux qui se dépassent par le jeu.

Théâtre : Les vibrants
Théâtre : Les vibrants

Autant le dire très vite, le spectacle qui nous est proposé sur le plateau du Studio des Champs-Elysées n’est pas parfait. Il souffre à la fois de certaines faiblesses de mise en scène qui engendrent et notamment, au tout début de la représentation, des moments de flou narratif qui entravent la compréhension du propos et le travail sur les ellipses mériteraient plus de soin.

Et pourtant, et cela même si le personnage de Sarah Bernhardt est affadi par une interprétation qui aurait mérité plus de relief, la pièce d’Aïda Asgharzadeh suscite de l’intérêt et au final, la mise en scène de Quentin Defalt, par son acharnement à rester sur la même ligne, finit par apporter au spectacle un contour d’authenticité.

Et c’est là où le spectacle pourrait souffrir d’invraisemblance (l’arrivée de Sarah Bernhardt, le succès triomphant d’Eugène dans le rôle de Cyrano …), qu’il prend une envergure romanesque et trouve sa bonne pente.

« Le vibrants» est un spectacle qui a besoin de maturer, de donner plus d’épaisseur à son propos. Il le fera au fur et à mesure des représentations.

Mais, en l’état, il est soutenu par un public enthousiaste qui ne compte pas ses applaudissements…

Francis Dubois

Studio des Champs-Elysées 15 avenue Montaigne 75 008 Paris.

Réservations : 01 53 23 99 10 / www.comediedeschampselysées.com


Bienvenue sur le blog Culture du SNES-FSU.

Des militants partagent ici des critiques littéraires, musicales, cinématographiques ou encore des échos des dernières expositions mais aussi des informations sur les mobilisations des professionnels du secteur artistique.

Des remarques, des suggestions ? Contactez nous à culture@snes.edu