De l’enfance à l’âge adulte les chansons rythment nos vies, accompagnant nos émotions, nos engagements, nos amitiés et nos amours. Dans la pièce de Kevin Keiss, cinq femmes de générations différentes vont nous faire écouter la bande originale de leur vie. Pour certaines c’est la famille qui a joué le rôle de transmission, pour d’autres, ce sont les génériques des dessins animés dans l’enfance plus tard les clips ou le cinéma. Pour l’une la musique la renvoie à son origine maghrébine avec Cheb Khaled mais aussi à l’icône absolue, l’Égyptienne Oum Kalthoum, pour une autre ce sera la musique classique avec César Franck ou les chansons de Michel Legrand, pour une autre « la longue dame brune » Barbara. On passe de Fayrouz à Catherine Ringer et les Rita Mitsouko, de Nina Simone à Diam’s.

La mise en scène d’Eugénie Ravon assistée de Kevin Keiss nous place dans un lieu où sont installés un piano, des micros, comme une sorte de chaleureux studio d’enregistrement. Toutes les comédiennes ne chantent pas. Certaines (Nathalie Bigorre, Nanténé Traoré et Eugénie Ravon) évoqueront seulement des moments de leur vie où la musique a joué un rôle. Elles sont émouvantes, parfois drôles (l’interview de Barbara) et on entend des voix, comme celles de Nina Simone ou d’Aretha Franklin par exemple, qui viennent accompagner leur propos. La pièce est un peu fourre-tout et mériterait d’être un peu plus centrée mais il y a deux chanteuses qui emportent notre adhésion. D’abord Colombine Jacquemont, particulièrement émouvante quand elle s’empare de la partition de Michel Legrand dans la scène des adieux des parapluies de Cherbourg et surtout

Nacima Bekhtaoui évoquant les jugements de son père, très ambitieux puisqu’il trouvait qu’elle n’était pas à la hauteur de Fayrouz ! Pourtant elle chante très bien, Cheb Khaled par exemple, elle danse et c’est elle qui, à la fin, en robe à paillette entraîne la salle à la suivre dans un rap déchaîné signé Diam’s. Elle est formidable.

Un spectacle qui en dépit de ses imperfections a le charme de ces chansons qu’il rappelle, celles qui nous bouleversent car elles ravivent les souvenirs et les amours passés, celles qui accompagnent les révoltes, celles aussi qui peuvent nous consoler.

Micheline Rousselet

Jusqu’au 25 avril au Théâtre de la Concorde, 1 avenue Gabriel, 75008 Paris – du mercredi au vendredi à 20h, le samedi à 19h – Réservations : 01 71 27 97 17

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