Thomas Gourdy, témoin d’un contrôle policier musclé, prend des photos qui le mènent au tribunal et ravivent des souvenirs plus ou moins enfouis. Fils, petit-fils et arrière petit-fils de policier, il se penche sur sa propre lignée, fouille les zones d’ombre qu’il avait senties enfant. Son père, tant admiré pour son appartenance à la « Spéciale de gymnastique » une unité qui donnait des spectacles sous chapiteau, était un des membres du Peloton de Voltigeurs Motoportés. Ils intervenaient en moto, le passager matraque à la main, lors des manifestations et ont été mis en cause lors de la mort de Malik Oussekine en 1986. La quête de Thomas Gourdy le conduit à explorer les non-dits dans ce que lui racontent son père et son grand-père et les drames de l’Histoire. Il consulte les archives, il raconte sa quête, il tend son micro et prête sa voix à un juge, une chamane, à son grand-père gradé, à Charles Pasqua et, comme le problème perdure, à la sœur d’un jeune homme victime de la police d’aujourd’hui. Il regarde tout cela, comprend ce que le temps a recouvert et que son enquête découvre.
C’est contre le silence qu’il se bat et il y est aidé par un musicien, Alexandre du Closel, installé à ses côtés sur le plateau. Utilisant de nombreux synthétiseurs et boîtes à rythmes, le musicien fait surgir une masse musicale quasi-fantomatique évoquant les films et séries télévisées policières des années 80 et les jingles de séries animées comme Goldorak ou Albator.
Un spectacle original en forme d’oratorio documentaire où la musique hantologique d’Alexandre Closel rencontre les fantômes de la lignée policière de Thomas Gourdy, éclairant, renforçant, et parfois contredisant leurs propos.
Micheline Rousselet
Jusqu’au 30 avril au Théâtre de Belleville, 16 Passage Piver, 75011 Paris – mercredis et jeudis à 21h15, vendredi 19h15 – Réservations : 01 48 06 72 34 ou theatredebelleville.com
Des militants partagent ici des critiques littéraires, musicales, cinématographiques ou encore des échos des dernières expositions mais aussi des informations sur les mobilisations des professionnels du secteur artistique.
Des remarques, des suggestions ? Contactez nous à culture@snes.edu