
Un bistrot à Noeux-les Mines en 1958. Sosthène un ancien mineur a pu y installer la télévision grâce aux indemnités qu’il a reçue pour la silicose qui le frappe. On attend la retransmission de la Coupe du Monde de football car dans l’équipe de France joue la vedette, Raymond Koppa, fils de Polonais comme le sont Sosthène et ses amis. Pierre, son fils, et Vlad sont les meilleurs amis du monde. Tous les deux jouent de l’accordéon dans l’orchestre local dirigé par Sosthène. Lorsqu’arrive dans l’orchestre la jolie fille d’un mineur marocain, Leila, les choses vont se compliquer.
Après le succès de nombreuses pièces dont Adieu Monsieur Haffmann, qui remporta quatre Molières dont celui de l’auteur vivant, ou Le petit coiffeur, Jean-Philippe Daguerre s’attache cette fois au monde de la mine qu’il a découvert par ses amitiés et des documentaires. En 1958 les mineurs marocains sont en train de prendre le relais des Polonais, mais le travail pénible et dangereux des mineurs trouve toujours sa contrepartie dans la richesse de leur vie sociale : amitiés de bistrot, orchestre ou élevage de pigeons-voyageurs.
Pour sa mise en scène Jean-Philippe Daguerre a souhaité des décors (Antoine Milian) qui nous installent dans un bistrot des années cinquante avec sa télé en vedette. Dans cet univers tout est un peu gris, la poussière du charbon s’insinue partout si bien qu’il faut laver cinq fois la salade comme le dit Simone la femme de Sosthène. Mais on se déplace aussi du bistrot aux cages des pigeons de Vlad, dans le cabinet du médecin (interprété par Jean-Philippe Daguerre) ou dans sa voiture qui emmène tout le monde au concours des orchestres locaux.
Jean-Philippe Daguerre s’est entouré de comédiens talentueux capables en outre, pour certains, de jouer de l’accordéon : Raphaëlle Cambray, Théo Dusoulier, Julien Ratel, Juliette Behar et Aladin Reibel. Il a surtout trouvé en Jean-Jacques Vanier un interprète émouvant pour Sosthène le mineur- philosophe à la répartie qui fait mouche.
L’auteur réussit une fois de plus à mettre en scène un monde plein de vie et de chaleur humaine, ici celui de la mine. De cet univers avec ses amitiés fortes, ses rivalités amoureuses et la mort qui rôde dans les poumons des mineurs rongés par la silicose, il fait une pièce tendre et émouvante.
Micheline Rousselet
A partir du 16 janvier au Théâtre Saint- Georges, 51 rue Saint-Georges, 75009 Paris – du mercredi au samedi à 19h, le dimanche à 15h – Réservations : 01 48 78 63 47 ou theatre-saint-georges.com
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