Jean-Claude Barbès est un type bien, qui n’a jamais rien fait de mal. Il a une vie banale avec un emploi, une femme, un fils, des repas de famille. Mais les sept plaies d’Égypte vont s’abattre sur lui. Il perd emploi, appartement, femme et enfant et se retrouve dans la rue en caleçon. Mais, vous demandez-vous, que viennent faire dans cette histoire Batman et Robespierre ? Ils représentent en fait deux conceptions de la justice. Batman, que l’on voit dans la pièce, intervient en justicier solitaire, il ne croit pas à l’action collective et il dit à Jean-Claude qu’ « on ne peut pas ne jamais avoir de chance » et qu’il « doit se remettre en question ». Robespierre, que l’on ne voit pas, croit en l’action collective pour assurer la justice et l’égalité.

Théâtre : Batman contre Robespierre
Théâtre : Batman contre Robespierre

Alexandre Marcoff, auteur et metteur en scène, a fait de cette histoire une comédie qui fonce à cent à l’heure en misant sur l’énergie de quatre jeunes comédiens, Farid Amrani, Sébastien Delpy, Sylvain Tempier et Aline Vaudan. Sans décors ni costumes, avec seulement trois chaises, ils peuvent tout faire. Avec des nattes pour Aline Vaudan et un partenaire qui se met de longues dents, ils deviennent les Norvégiens prédateurs qui ont racheté l’entreprise où travaille le héros qui va être licencié. Avec leurs trois chaises ils deviennent la bande de copains qui, à la terrasse du café enchaîne bruyamment les tournées, laissant finalement la note au plus démuni. On est dans le burlesque, les gestes des comédiens correspondent aux expressions de la vie courante prises au pied de la lettre. L’huissier ne laisse à Jean-Claude que son caleçon, le maire « refuse de baisser les bras » et les garde levés plusieurs minutes ! Mais le burlesque est mis ici au service d’une entreprise de dynamitage des faux-semblants, de dénonciation de l’égoïsme et de l’inhumanité de notre société. C’est une entreprise de destruction massive qui passe à la moulinette le monde politique avec ses conseillers en communication, sa foi dans les sondages, le monde de l’entreprise, les stages de motivation ou le charity business. C’est drôle et acide. Le brave type n’a aucune chance de s’en sortir. Les quatre comédiens nous emmènent dans une course effrénée, au propre comme au figuré ! Proches du public dans la salle des Déchargeurs, ils cherchent en lui un complice doté d’esprit critique. On en sort regonflé et c’est bien !

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 19h30

Théâtre Les Déchargeurs

3 rue des déchargeurs, 75001 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 42 36 00 50

La Compagnie Le Grand Colossal a une carte blanche au Théâtre 13, 30 rue du Chevaleret, 75013 Paris, du 2 au 6 novembre. Elle y présente les 5 et 6 novembre La Chienlit , une série tout aussi burlesque que Batman, sur la situation d’une ville de banlieue où les ordures ne sont plus ramassées. Ce spectacle sera repris les 24, 25 et 26 novembre au Théâtre Berthelot de Montreuil


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