L’Opéra-bouffe Falstaff est le dernier opéra de Giuseppe Verdi qui, à 80 ans, a voulu composer une œuvre drôle, comique et légère, avec un livret qu’Arrigo Boito, son librettiste et ami, a composé à partir des Joyeuses commères de Windsor et d’Henri IV de Shakespeare. Intrigues, complots, farces, mascarade nocturne et tout finit bien ! Mais nous ne sommes pas à la Scala en 1893 pour la création en Italie ou à l’Opéra-Comique de Paris en 1894 pour la première en France, nous sommes à l’Opéra Grand Avignon au début de l’année 2026 et, comme c’est désormais la coutume, cette maison d’opéra qui fête ses 200 ans cette année, ouvre la deuxième partie de sa saison avec un opéra participatif !

Il s’agit de faire découvrir les codes de l’opéra grâce à une participation active du public, en lui donnant l’occasion de chanter des airs en direct depuis la salle. Six chants participatifs sont au programme et des ateliers lyriques d’apprentissage sont proposés gratuitement dans les jours qui précédent le spectacle. Durant celui-ci, tous ceux qui le veulent, ayant participé aux stages ou non, peuvent chanter avec l’orchestre ces airs, en suivant des surtitres distingués en rouge. Le chef d’orchestre se tourne alors vers la salle légèrement ré-éclairée pour diriger et encourager le public chanteur et enchanté !

En plus de la nécessité de raccourcir un peu l’œuvre et de la traduire, le projet réclame une adaptation. Celle du metteur en scène italien Andrea Piazza a consisté à transposer l’intrigue dans un monde de jouets. Dans la salle de jeux de Windsor, les jouets s’animent dès que les enfants ont le dos tourné. Mais au milieu des poupées rutilantes et des peluches flambant neuves, un vieux robot cabossé veille : Falstaff. Jadis le jouet préféré de la maison, il est aujourd’hui relégué dans un coin, tout rouillé et couvert de poussière. Pourtant, sa vanité reste intacte. Bien décidé à reconquérir sa place dans le cœur des enfants, il élabore un plan audacieux : séduire Alice et Meg, les deux nouvelles poupées stars du placard. Mais entre maladresses et fanfaronnades, le stratagème de Falstaff se retourne bien vite contre lui. Car Alice et Meg n’ont pas l’intention de se laisser berner : sous leurs robes en satin se cachent deux esprits vifs, prêts à démonter les préjugés et à donner une leçon au vieux prétentieux. Le tout dans un joyeux chassé-croisé de manigances, de déguisements et de quiproquos. Une célébration malicieuse du théâtre et de la musique, où l’on apprend qu’au-delà de l’orgueil et des préjugés, le partage et la fête sont toujours possibles. Saluons la brillante traduction française du livret par Renaud Boutin.

Le dernier air de Falstaff nous dit que « Le monde entier est une farce » oui, c’est bien l’impression que l’on a quand on découvre que de grandes puissances sont gouvernées par des hurluberlus ou des clowns tristes, sauf qu’ils sont à la tête d’arsenaux mortifères. Une bonne raison pour préférer les vraies farces comiques comme on en trouve encore au spectacle !

Jean-Pierre Haddad


Arrangement musical Massimo Fiocchi Malaspina
Coproduction Opéra Grand Avignon et Teatro Sociale di Como 

Direction musicale Frédéric Rouillon
Scénographie Alice Vanini

Distribution :

Ford Samuel Namotte
Fenton Blaise Rantoanina
Dr. Caius Julien Desplantes
Mrs Alice Ford Charlotte Bonnet
Nannetta Raphaële Andrieu
Mrs Quickly Marie Gautrot
Mrs Meg Page Clélia Moreau
Bardolfo Jasmine Monti
Pistola Carlo Merico

Orchestre national Avignon-Provence

Opéra Grand Avignon, Place de l’Horloge, 84000 Avignon. Samedi 17 janvier 2026 à 16h00 et Dimanche 18 janvier 2026 à 16h00. (Durée 1h10)

Informations et réservations : https://www.operagrandavignon.fr/falstaff-les-joyeux-joujoux-de-windsor

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