Théo Ceccaldi, violoniste, a fait sensation. Et il continue. Je me souviens de la première fois que je l’ai vu au festival Jazz sous les Pommiers à Coutances. J’étais sceptique. Un violoniste ! Oui mais quel violoniste. Le bruit et la fureur, la révolte, la sauvagerie de la musique. Tout ne passe pas sur le disque, bien sûr. Comme souvent. Mais il en reste quelque chose.

« Freaks » – le terme était utilisé dans les « cirques » pour désigner des personnes anormales quelle que soit l’anormalité, un film porte ce titre – convient bien à l’histoire de Amanda Dakota qui sert de fil conducteur à cette musique composée par le violoniste.

Par rapport à la scène, l’orchestre semble un peu trop « sage ». Juste une impression. Il faut entrer dans ce monde étrange en dehors de toute « normalité » qui trouble les références. Musique de cirque pour entrer dans cette histoire avec des voix féminines qui racontent émergeant de bruits violents d’un monde qui ne se connaît plus.

Jazz : « Freaks », Théo Ceccaldi
Jazz : « Freaks », Théo Ceccaldi

Théo Ceccaldi est issu de tout ce monde décomposé, qui mêle toutes les influences sans frontières pour construire un nouvel internationalisme qui ouvre la porte à de nouvelles directions. Il ne craint pas, dans le même mouvement, de s’attaquer à toutes les musiques établies pour les dynamiter. Un geste de salubrité publique. Au moment où les commémorations vont bon train même celle de Jacques Higelin.

N’hésitez pas, Mesdames et Messieurs, entrez, vous ne le regretterez pas comme on dit dans toutes les foires du monde.

Nicolas Béniès.

« Freaks », Théo Ceccaldi, Tricollectif, L’Autre Distribution.


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