La Syrie est sous les bombes. Encore et encore… L’opposition démocratique a fait sienne ce slogan, la mort plutôt que l’humiliation, « Almot Wala Almazala » dans l’original et qui sert de titre à cet album. La musique de la flûtiste syrienne, Naïssam Jalal et son groupe « Rhythms of Resistance » – Mehdi Chaib saxes, Karsten Hochapfel, guitare et violoncelle, Matyas Szandai, contrebasse, Arnaud Dolmen ou Francesco Pastacaldi à la batterie – veut s’inscrire dans ce combat. Les compositions mêlent adroitement airs du Moyen-Orient, fulgurances du free jazz – totalement adaptés à l’évocation de ces assassinats collectifs – et jazz plus ou moins déjà entendu. Mehdi Chaib sait se servir de toutes ces traditions pour construire ses improvisations en contre point à la violente douceur de la flûte.

Jazz : Naïssam Jalal
Jazz : Naïssam Jalal

Elle ne trouve pas « la touche pause de son cerveau » pour rendre leur place aux martyrs de la révolution syrienne et à Alep tout en voulant construire un monde fraternel dans cet enfer qu’est devenu ce pays au centre des bouleversements géopolitiques.

La référence à Daniel Bensaïd est bien trouvée comme cet oxymore – celui de Daniel – « une lente impatience »…

Peut-être à cause de la guerre elle-même et de ces bombardements incessants, la musique manque quelque fois sa cible en étant par trop répétitive. Il n’empêche, cette musique, cette flûtiste, le groupe, se doiventt d’être entendus.

Nicolas Béniès

« Almot Wala Almazala », Naïssam Jalal & Rhythms of Resistance, Les couleurs du son, distribué par l’autre distribution


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