La chanteuse que l’on avait aimée avec ses amies musiciennes dans ABC d’airs et dans Come Bach revient au Lucernaire, seule cette fois, mais pas vraiment, puisque toujours sous l’œil malicieux du metteur en scène Gérard Raubert et accompagnée au piano par Damien Nédonchelle (en alternance avec Gwendal Giguelay)
On grimpe tout en haut du théâtre dans la petite salle du Paradis, où pend une immense toile de parachute. Elle se retourne subitement laissant apparaître le visage d’un ange blond tout près du plafond, celui d’Anne Baquet que l’on découvre ensuite debout sur le piano, avec sa voix enchanteresse de soprano, enchaînant deux textes chantés autrefois par François Morel « Écrasée un lundi, enterrée un mercredi et le vendredi chanter au paradis » et « Je vous ai reconnu », bientôt suivi par Ça rame, ça rame sur la musique d’un prélude de Bach. On est au paradis du mélange des genres musicaux : des auteurs variés, François Morel, Juliette, Victor Haïm, Georges Moustaki par exemple, mis en musique par des compositeurs comme François Rauber, Reinhardt Wagner, Claude Bolling ou Marie-Paule Belle sans oublier quelques emprunts à Bach, Gounod et Chopin. Les arrangements de François Raubert, Jérôme Charles ou Damien Nédonchelle apportent une tonalité parfois jazzy mais toujours pleine d’humour.
D’Anne Baquet on n’admire pas seulement la voix, c’est aussi une comédienne pleine de charme, espiègle, drôle, riant d’elle-même comme des situations qu’elle crée. Elle glisse des remords de vieille dame, qui regrette de n’avoir pas succombé, à la sensualité de Dans ma baignoire. On s’amuse beaucoup de sa façon d’interpréter sur un ton faussement désinvolte A ticket to ride de Paul Mc Cartney ou des prières de Anna Magdalena Bach qui voudrait bien éviter un énième enfant.
Damien Nédonchelle l’accompagne en tant que pianiste, compositeur et arrangeur. En lui elle a trouvé non seulement un virtuose du piano, mais aussi un vrai partenaire de jeu. L’air imperturbable, quand elle dit non, en bon musicien il dit si, ou lâche le petit mot drôle dont elle fait semblant de s’étonner.
Un spectacle musical délicieux à déguster sans modération.
Micheline Rousselet
Jusqu’au 23 août 2026 au Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris – du mercredi au samedi à 19h, le dimanche à 15h30 – Réservations : www.lucernaire.fr ou 01 45 44 57 34
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