Greg est un lycéen introverti dont le principal souci est de se « fondre » dans le décor, de ne surtout pas attirer l’attention. Il n’a qu’un ami, Earl, avec lequel il passe le plus clair de son temps à reconsidérer les grands films classiques et à tourner de courts sujets qui les parodient, avec les moyens du bord.

Sa volonté de passer inaperçu va être mise à mal par sa mère quand celle-ci le pousse à revoir Rachel qu’il a perdue de vue depuis la petite école et qui est aujourd’hui atteinte de leucémie.

L’amitié naissante, l’entrée en jeu de sentiments inédits entre les deux adolescents, va mettre Greg dans une posture difficile.

Cinéma : This is not a love story
Cinéma : This is not a love story

Le titre fait référence au film d’Arthur Hiller tourné en 1970, «  Love story  » dont l’héroïne, comme l’adolescente du film d’Alfonso Goez-Rejon est atteinte d’un cancer.

Dans «  Love story  » la nouvelle de la maladie touchait un couple de jeunes adultes, alors que leur histoire d’amour était à son paroxysme. Ce qui interdisait au récit le moindre recul et le plongeait dans les abîmes du mélodrame.

«  This is not a love story » prend le contre-pied du mélo de l’époque.

C’est une histoire d’aujourd’hui qui met face à une échéance dramatique, des personnages plus jeunes et où entrent en jeu des mentalités nouvelles, une autre façon d’appréhender la maladie, une autre façon de regarder l’autre.

Et même si la préoccupation première de Greg est de privilégier sa tranquillité, la lente découverte de l’autre dans des circonstances particulières finissent par le révéler à lui-même et le rendre aux codes intemporels de la relation.

L’humour, la dérision et sans doute une certaine dose d’indifférence brouillent ici les cartes.

Rachel n’a pas envie qu’on ébruite la nouvelle, qu’on s’apitoie sur son sort et Greg, de son côté veut garder intact son goût de l’humour et de la dérision pour conserver une distance et ne pas s’impliquer dans le danger qui menace sa camarade.

Greg est dans la bulle qu’il s’est créé où, d’une certaine façon, tout est en ordre, un monde dont il connaît les ressorts et qu’il sait à peu près maîtriser.

Mais voilà qu’en approchant Rachel et sa maladie, il se trouve plongé dans un monde dont il ne connaît pas les codes, ne maîtrise pas les enjeux.

Greg et Earl sont d’authentiques cinéphiles. Depuis leur très jeune âge, ils fabriquent ensemble des courts métrages et cette activité passionnante donne un éclairage particulier au récit.

Les séquences où s’insèrent les œuvres en réduction qu’ils ont réalisées ponctuent le récit auquel elles apportent une sorte de respiration, dévient du récit pour mieux y revenir.

Le traitement du sujet est résolument « actuel ». L’humour et le sens de la dérision, l’image, un montage serré constitué de plans brefs pour tout ce qui touche aux ados, plus séquentiels quand les adultes occupent l’écran, l’impression d’une vivacité d’ensemble, colorent le film.

Une œuvre singulière qui cache sous une couche de superficialité, toute la gravité dont est capable la jeunesse d’aujourd’hui.

Francis Dubois


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