Dans une région retirée du Pakistan, les terres sont l’objet de convoitise et cela souvent au sein d’une même famille lorsque les plus nantis qui peuvent recruter des hommes de main, agissent en toute impunité et font fi des titres de propriété.

C’est le cas dans la famille de Nazo dix-huit ans, dont le père a été emprisonné sans raison.

Une incarcération qui tombe à point pour isoler la jeune fille, sa jeune sœur et leur mère et à force d’intimidations, les amener à quitter la ferme et l’exploitation.

Mais Nazo qui a été initiée par son père au maniement des armes et dont le caractère est bien trempé, n’a pas l’intention de céder aux pressions.

Jusqu’au jour où les trois femmes doivent repousser l’assaut d’une véritable troupe armée recrutée par son oncle soutenu par la police locale.

Cinéma : My pure land
Cinéma : My pure land

«My pure land» est inspiré d’une histoire vraie sur laquelle reposent les grandes lignes du récit : la lutte d’une très jeune fille pour garder en toute légalité les terres dont le père fut légataire et qui a permis à une famille modeste de vivre pendant des années. L’opposition de Nazo à son oncle et à ses sbires s’est-elle produite, comme dans le film, les armes à la main ? Ou bien Samal Massud a-t-il voulu donner une allure de western au déroulement du conflit, la maison de Nazo représentant le Fort à défendre et les miliciens à la solde de la mafia locale, les assaillants.

Ce parti-pris même s’il est plus ou moins vraisemblable (mais souvent, la réalité dépasse la fiction) laisse la place à une sorte de marge narrative à l’intérieur de laquelle le scénario rassemble des séquences parallèles au déroulement du récit proprement dit, de nombreux flash-black, des moments issus de l’imagination du personnage qu’il a traité dans une coloration onirique.

Une cascade de moments parmi lesquels il s’agit de faire le tri si l’on veut ne par perdre de vue le sujet dramatique du film : la confiscation abusive de terres par la force, les abus de pouvoir au bénéfice des mieux nantis, la condition de la femme dans ces sociétés archaïques.

On pardonne à la maladresse du récit lorsqu’on y revient et que le propos du film ressurgit dans sa vraisemblance et dans son constat politique, dans cet affrontement inégal entre les nantis et ceux qui n’ont que peu d’arguments de réponse lorsque tous les dès sont pipés et que la société est minée par les abus de pouvoir et des lois bafouées.

«My pure land» est une réalisation qui prend le risque en éloignant le récit de la vraisemblance et en optant pour un choix narratif parallèle, de trahir son propos initial et de n’offrir au spectateur que des images d’une révolte pas toujours crédible.

Mais il émane de la naïveté de la narration, un charme désuet et une efficacité qu’on trouve dans l’interprétation rebelle et puissant de la jeune Suhane Abro qui est une combattante convaincante et qui dans la force de sa détermination rejoint les héroïnes de western les plus saisissantes et les plus triomphantes.

Francis Dubois


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