En possession de son magot, Amine fuit la police mais, sa voiture tombée en panne, il a tout juste le temps de creuser un trou et d’enterrer le sac contenant les liasses de billets au sommet d’un monticule. A sa sortie de prison, quelle n’est pas sa surprise quand il découvre que le lieu où il a caché l’argent est devenu un lieu de culte où, devant le mausolée , les pèlerins se pressent pour se recueillir devant celui qui y serait enterré « Le Saint Inconnu ».

Obligé de s’installer au village, Amine va devoir composer avec les habitants, les côtoyer sans jamais perdre de vue sa mission première, celle de récupérer le magot qui se trouve maintenant sous le mausolée.

L’intention première d’Alaa Eddine Aljem était de réaliser une fable burlesque. À la lecture du synopsis, le contrat semble rempli mais au fur et à mesure qu’avance le film, on en est de moins en moins convaincu. Et la déception n’est pas loin.

Alors, on cherche un autre mot que burlesque.

Fable sociale, fable grinçante, fable cruelle mais là, on se heurte au personnage d’Amine qui pourrait revendiquer qu’il est bien le héros malheureux qui correspond bien à celui de la fable burlesque annoncée.

Un personnage qui attire les déconvenues, gaffeur, maladroit, naïf, une sorte de candide du désert. On aimerait le voir pris dans une cascade d’aventures mais ce n’est pas le cas.

Tout ce qui pour Amine pourrait se vivre à un rythme effréné se déroule au contraire en prenant son temps et le garçon devient en même temps, une sorte de victime observateur de son entourage et de lui-même. Et c’est au bout du compte à la projection d’un tout autre film que celui auquel on pensait assister, à laquelle on assiste.

Cinéma : Le miracle du Saint Inconnu
Cinéma : Le miracle du Saint Inconnu

«  Le miracle du S aint Inconnu » a changé de direction entre le scénario et l’objet cinématographique final.

C’est un film sur le changement, sur quelque chose qui surgit et bouscule une société aux croyances populaires bien installées. Un monde bien actuel où deux modes de pensées se côtoient.

Mais en l’état et si on considère que réaliser une comédie sur un mode ralenti, parfois un peu nonchalant, est un parti-pris qui se défend, on peut prendre du plaisir à ce film original et à son héros qui se joue de toutes les attentes.

Francis Dubois


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