
Guillaume est un élève de lycée qui, par son aisance naturelle, son sens de la répartie, s’impose en leader de sa classe. Mais qu’en sera-t-il de son panache quand il découvrira, lui qui a les atouts d’un Don Juan, que son attirance physique va vers un garçon ?
Alors que Guillaume tombe amoureux, Charlotte sa demi sœur quitte un petit ami de son âge pour un séducteur trentenaire qui lui promet monts et merveilles et qui, en l’abandonnant, la livrera par dépit à une série rencontres incertaines. A la lisière de ces histoires, dans un camp de vacances, le jeune Félix va ressentir pour Guillaume, son voisin de chambrée, une irrépressible attirance.
Pour Philippe Lesage, l’adolescence qui est une période charnière, est un âge fascinant.
Les jeunes protagonistes de son film sont des cœurs téméraires qui se livrent à leurs pulsions et à leur aveuglement amoureux sans faire de calculs, sans le souci de faire des choix rationnels.
Le penchant autobiographique a toujours été présent dans son cinéma, que ce soit à travers un documentaire ou à travers une fiction. Il a tourné« Ce cœur qui bat » parce qu’il est hypocondriaque et pour tenter de se libérer de sa névrose.
Lorsque l’opportunité lui a permis de passer à la fiction, il a littéralement retourné la caméra vers lui et vers le sujet de la sexualité qui est pour lui en perpétuelle évolution, qui le fascine et plus encore quand elle est vécue par de très jeunes gens qui en sont à leurs premières découvertes.

« Génèse » est un récit en trois actes qui se situe à une époque indéterminée dont on pourrait penser qu’il s’agit des années 90 jusqu’au moment où un détail nous renvoie au début des années 2000, et ce brouillement des pistes sans doute voulu, vient prouver que les personnages de seize ans et leurs émois n’appartiennent à aucune époque précise et qu’ils sont intemporels.
Il ne suffit pas qu’un personnage apparaisse dans plusieurs réalisations d’un même metteur en scène pour qu’il renvoie à François Truffaut et à son Antoine Doisnel et les rapprochements qu’on pourrait faire du film de Philippe Lesage avec ceux de Maurice Pialat ou de Jean Eustache, au seul fait qu’il traite comme eux des émois de l’adolescence, ne saute pas aux yeux.
Le meilleur compliments qu’on pourrait faire à Philippe Lesage serait de dire que son cinéma n’appartient qu’à lui avec sa naïveté, ses maladresses, ses lieux communs mais aussi avec ses moments fulgurants et la présence magnifique dans son film du jeune Théodore Pellerin, comédien charismatique qui porte le film sur ses épaules et qui, par les nuances de son jeu, va au secours des faiblesses du récit et ajoute force aux séquences brillantes.
Francis Dubois
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