A 83 ans, Édith Moore (Edie) est une femme qui, regardant en arrière, a soudain le sentiment d’avoir raté sa vie. Quand, à la mort de son mari, infirme depuis des décennies et auquel elle était toute dévouée, sa fille veut la placer dans une maison de retraite, elle se souvient d’un projet qu’elle avait eu jeune fille avec son père dont elle était très proche, l’ascension du Mont Suilven en Écosse.

Sa première idée est de faire cette ascension toute seule, répondant à sa nature aventureuse mais elle sait que la montée risque d’être redoutable.

C’est alors qu’elle rencontre Jonny qui, lorsqu’elle lui fait part de son projet, s’enthousiasme et décide de l’accompagner.

Le jeune homme sera auprès d’elle pour les préparatifs et au cours de la première partie du voyage mais au bout d’un moment, Édith Hunter prend la décision de poursuivre l’ascension seule.

La voilà engagée dans une périlleuse aventure au cours de laquelle, à plusieurs reprises, elle va perdre espoir ou frôler le pire.

Cinéma : Edith en chemin vers son rêve
Cinéma : Edith en chemin vers son rêve

«  Édith , en chemin vers son rêve » est ce qu’on appelle une belle histoire avec tout ce que cela comporte d’exemplaire, de courageux mais qu’un déroulement attendu conduit très vite à ses limites.

Les premières scènes du film renseignent sur ce qu’a été la vie d’épouse dévouée d’Édith, sur les projets d’une ingrate progéniture et en contre partie, sur la personnalité volontaire de l’héroïne, dont l’entrée en maison de retraite semble prématurée, vue sa bonne santé mentale et son énergie.

Édith va faire faux-bond à sa fille et partir pour une longue et périlleuse période d’école buissonnière.

Elle rencontre le valeureux Jonny dont l’extrême dévouement est teinté de la légère ombre d’un intérêt pécuniaire. Mais qu’importe. On veut bien tout admettre du moment qu’on est dans le domaine du conte.

On peut cependant regretter dans la mise en scène, l’absence de fluidité des articulations, d’un scénario trop complaisant, un manque de rigueur dans le déroulement de la narration et deux personnages beaucoup trop dévoués à des qualités, de courage pour l’un et de dévouement pour l’autre, tellement exemplaires qu’elles endommagent très vite le récit pour, au final, en réduire la portée.

Les deux comédiens obéissent fidèlement à leurs personnages au point que, baignant dans les bons sentiments, ils finissent par manquer d’épaisseur, de profondeur. Ils ne sont au final que l’ombre de ce qu’ils auraient pu être s’efforçant parfois jusqu’au surjeu d’être eux aussi irréprochables.

On aurait aimé un peu plus de rugosité dans ce récit où tout s’agence miraculeusement bien pour nous offrir un dénouement fidèle à l’attente mais qui a le mérite de s’arrêter à temps avant qu’on anticipe sur l’après de l’exploit.

Francis Dubois…


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