John Callahan a failli périr dans un accident de la route une nuit de beuverie, en compagnie de son ami Dexter. S’il se déplace dorénavant en fauteuil roulant, il n’a jamais eu l’intention de cesser de boire. Mais lorsque, aidé par sa compagne Donnie qui lui est restée fidèle et par un mentor charismatique, il décide de suivre une cure de désintoxication, une révélation survient : il se découvre un don pour le dessin humoristique noir, satirique et insolent qui lui vaut une reconnaissance artistique et un succès international dès leurs premières publications dans la presse.

L’exercice du dessin ouvre sur d’autres horizons et John Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie.

Cinéma : Don't worry
Cinéma : Don’t worry

Pour Gus Van Sant, l’idée, de réaliser un film sur la vie hors du commun du dessinateur John Callahan date de plus de vingt ans. A l’époque, le comédien Robin Williams qui avait pris une option sur les droits d’adaptation cinématographique de l’autobiographie de John Callahan, souhaitait produire et interpréter le film dont il voulait que ce soit Gus Van Sant qui le développe, se charge de l’adaptation et le mette en scène.

Entre 1990 et 2000, plusieurs versions du scénario ont été développées mais le projet n’a pas pu aboutir à l’époque. Cependant, le long travail de recherche et ses rencontres avec John Callahan, avaient permis à Gus Van Sant d’apprendre beaucoup sur l’humoriste et sur sa vie.

En 2014, Robin Williams décède. Or, le scénario, écrit spécialement pour lui, avait pris de grandes libertés par rapport au livre. Il a fallu le remanier lorsque le choix de Joaquim Phoenix s’est imposé pour interpréter le rôle de John Callahan.

L’histoire de « Don’t Worry, he wont get far on foot » suit le déroulement en trois parties qui est souvent celui que vivent les anciens alcooliques quand ils partagent leur histoire avec les autres, lors des réunions de groupe : leur vie avant la cure de désintoxication, l’événement qui a tout changé et là où ils en sont aujourd’hui.

L’histoire débute en 1972 quand John est un jeune homme instable qui fait la fête et boit beaucoup. Il prend conscience que sa vie ne sera dorénavant plus la même avec l’accident, à l’hôpital où il se réveille tétraplégique.

Les prises d’alcool dans son fauteuil roulant deviendront un temps durant, une sorte de continuité, de fidélité, à sa vie d’avant l’accident.

L’arrivée de Donnie, la découverte de son talent de dessinateur, son succès et l’opposition de ceux qui sont farouchement hostiles à son humour, s’il en font un homme nouveau, ne le débarrasseront pas pour autant de son regard malin et provocateur et de sa singularité d’homme et d’artiste.

Si la continuité du film retrace les moments charnière de la vie de John Callahan, « Don’t Worry he wont get far on foot » ne rentre jamais dans le cadre du récit autobiographique classique.

L’œil de Gus Van Sant, sa caméra et la composition «sur le fil» de Joaquin Phoenix veillent au grain pour que le film échappe au biopic attendu. Rien de cela. Une œuvre originale qui n’est jamais taillée dans «le droit fil» du récit.

Francis Dubois


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