Claire est une jeune fille d’un grande beauté, si jolie et si gracieuse qu’elle suscite la jalousie de Maud, sa belle-mère au point que celle-ci décide de la trucider. Masquant le meurtre en accident, elle regarde sans le moindre remords le corps de Claire dévaler un à-pic en bordure de route.

Mais la jeune fille est sauvée in-extremis par un homme qui la recueille dans sa ferme.

Une fois rétablie, Claire décide de rester chez lui, dans ce village où sa beauté et sa fausse innocence ne manquent pas d’émouvoir les hommes des environs.

C’est ainsi que Claire va apprécier la timidité de l’un, l’humeur grognon de l’autre, la nonchalance paresseuse d’un troisième, l’érudition d’un autre encore…

Pour elle, cette nouvelle vie oisive et libre sera le début d’une émancipation radicale à la fois charnelle et sentimentale.

Cinéma : Blanche comme neige
Cinéma : Blanche comme neige

Après la réalisation de deux films sombres coup sur coup, Anne Fontaine a éprouvé le besoin de s’attacher à un projet ouvrant sur plus de légèreté, évoluant dans un cadre bucolique avec des personnages généreux, une intrigue machiavélique mais dont l’issue verra le personnage de la méchante punie et celui de l’innocente récompensée.

L’idée de construire le scénario à partir de la trame du conte des Frères Grimm, «  Blanche neige et les sept nains  » était prometteur à plus forte raison quand le rôle de la méchante reine allait revenir à Isabelle Huppert et celui de Blanche Neige à la ravissante et diaphane Lou de Laage.

Il ne restait plus qu’à imaginer un décor, un cadre bucolique à opposer à des activités délibérément modernes du récit, des promenades à vélo à travers des paysages verdoyants et enchanteurs, l’agitation fébrile des boîtes de nuit, et à distribuer les rôles des sept nains à des comédiens intervenant en contraste les uns aux autres.

Lou de Laage est une Blanche Neige convaincante, personnage dont Anne Fontaine a fait une gentille nymphomane allant allègrement de l’un à l’autre sans jamais tromper ni trahir quiconque, belle promeneuse à vélo sur les routes campagnardes bien loin de la parfaite petite ménagère du conte originel.

Isabelle Huppert serait la reine idéale dont on savourerait le fond machiavélique si elle ne composait son personnage avec ses recettes de jeu habituelles, à l’œillade et au coup de menton près, et si sa composition ici n’était qu’un copier-coller de ses dernières prestations.

Mais le meilleur provient de la distribution des rôles des sept nains avec en tête un Benoît Poolevorde apaisé et émouvant en érudit solitaire, un Vincent Macaigne parfait dans un rôle épisodique de musicien solitaire, un Jonathan Cohen touchant de timidité ou un Richard Frechette en curé pour ne citer qu’eux, qui forment avec beaucoup de cohérence et d’harmonie, cette cour d’hommes évoluant autour de Blanche Neige..

De la bonne idée d’adapter le conte des frères Grimm, il résulte un film agréable à suivre, une comédie souvent savoureuse servie par une distribution heureuse et des séquences bucoliques reposantes et bienvenues.

Francis Dubois


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