En donnant suite à son spectacle déjà très instructif Comment épouser un milliardaire, créé 15 ans plus tôt et ayant connu une large audience (plus de 500 représentations au cours des 10 premières années), Audrey VERNON associe de nouveau avec succès humour et décryptage socioéconomique en actualisant et affinant sa démonstration de la nocivité d’une poignée de milliardaires de plus en plus riches régnant sur le monde au détriment de l’ensemble des humains et du devenir de la planète. Ce spectacle se présente comme une introduction à une invitation festive de découverte du gratin de ce petit monde de spéculation et de ‘’criminalité’’ à l’occasion de ses ‘’15 ans de mariage avec le capitalisme et son époux, 33e fortune mondiale’’. La connaissance nécessaire du fonctionnement des ultrariches avant de les rencontrer justifie habilement l’énoncé des preuves de leur nocivité.

Seule en scène pendant 1h10, elle nous fait découvrir les 53 plus grandes fortunes de France, matérialisées le plus souvent par des hommes, en commentant des photos projetées à la manière d’un jeu des 7 familles.

Elles sont regroupées par grands domaines économiques, dans le champ du luxe, de diverses industries, de fabrications d’armements, de dérivés du pétrole (avec présentation de diverses utilisations et pollutions, jusque dans l’alimentation, des composantes d’un baril et de l’enrichissement généré), de la possession de grands médias et de groupes éditoriaux qui cherchent à façonner les opinions (on connait notamment le primat de Bolloré pour la France, et son soutien actif à la promotion de l’extrême-droite)…

Audrey VERNON n’énonce pas les faits à la manière d’une conférencière mais, stimule la réflexion par son interprétation tout sourire comme si elle était réellement participante de cet univers, mi-profiteuse de la chance, mi-dénonciatrice des malfaisances et comportements politiques ayant permis l’accroissement du pouvoir de dynasties dont les richesses globales se sont multipliées par 3 en 15 ans, tandis que s’accroissaient les inégalités sociales et la pauvreté.

Avec humour et en jouant la candeur, sa démonstration est très documentée, s’appuyant notamment sur les publications vantant les mérites de cette caste planétaire, comme Forbes qui en publie régulièrement la liste, pour rappeler que « les 50 premiers milliardaires de cette liste sont aussi riches que les 4 milliards de personnes les plus pauvres de la planète » ! Elle provoque souvent le rire du public, un peu gêné parfois pour les personnes qui découvrent pour la première fois les méfaits fondant la puissance des 3000 milliardaires à l’échelle mondiale, dont le nombre s’est accru en pillant la planète, au détriment de l’égalité des droits des peuples… et lorsqu’elle révèle ironiquement que les millionnaires ne sont plus aujourd’hui que les ‘’pauvres’’ de ces ultrariches, en insistant sur les 11 jours nécessaires pour compter jusqu’à 1 million, alors qu’il en faudrait 31 pour compter jusqu’à 1 milliard…

Le spectacle évoque aussi quelques puissances et ravages d’ultrariches à l’échelle internationale, notamment à travers des déclarations de Trump, montrant que ce n’est pas forcément l’intelligence qui domine chez les milliardaires, en lisant quelques extraits de ces déclarations… tandis que le palmarès mondial de la richesse est rappelé pour Musk, premier humain à avoir accumulé une fortune de plus de 1000 milliards !

Tout cela est présenté à un rythme soutenu avec quelques moments chantés permettant au public de souffler et éventuellement de contribuer en mode karaoké, avec des chansons aux paroles détournées, pour se redonner mutuellement d’autres perspectives.

En présentant remarquablement ce spectacle et sa filiation dans Le Monde du 3 mars 2026, la journaliste Sandrine Blanchard en soulignait la ‘’brulante actualité’’. Avec les successions de canicules, et autres conséquences de dérèglements climatiques s’accélérant cet été, la notion ‘’d’actualité brulante’’ s’impose d’autant plus qu’elle peut permettre de mettre encore plus en cause les politiques impulsées par les ultrariches, souvent climatosceptiques mais dont le spectacle évoque aussi leurs fuites en avant vers l’achat d’iles isolées, de construction de bunkers… pour un avenir de survie alors qu’ils continuent à s’enrichir au détriment de l’avenir de la vie sur la planète.

À découvrir et faire découvrir au plus vite !

Philippe Laville, 14 juillet 2026

À Avignon, à l’occasion de la 60e année du Festival, c’est à 20h30, jusqu’au 23 juillet, tous les jours sauf le 17, au Théâtre du Train bleu, qui propose par ailleurs un grand nombre d’autres créations de qualité – voir www.theatredutrainbleu.fr
[photos du spectacle ©Marylou MAURICIO + 2 plus anciennes de Laura GILLI]

En tournée ensuite (prolongeant les représentations depuis 2025), notamment à Paris à l’Européen (https://welcome.leuropeen.paris/ ) à 19h30 les 29-30 septembre, 2, 9, 23 et 30 novembre, 7 et 14 décembre, puis en 2027 ainsi que dans une quinzaine de villes d’autres régions. Agenda complet à venir sur son site : https://audreyvernon.com/ qui annonce aussi la programmation d’autres créations de qualité conçues et interprétées par Audrey VERNON, comme, parmi les plus récentes « COMMENT TRAVERSER LES SOMBRES TEMPS OU HANNAH ARENDT ».


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