Dans l’opéra de Verdi créé au Caire en décembre 1871 sur une idée de l’égyptologue français Auguste Mariette et sur un livret d’Antonio Ghislanzoni, Aïda est une esclave éthiopienne dans la Thèbes égyptienne (aujourd’hui Louxor), au temps des Pharaons. L’héroïne est prise dans un affreux dilemme, peut-elle aimer Radamès, le vainqueur de son père Amonesro, roi d’Éthiopie ? A cela s’ajoute que sa rivale Amnéris, n’est autre que la fille du pharaon. Aïda a le mal du pays, après avoir obtenu, grâce à Ramadès, la clémence du Pharaon pour son père, elle invite son amoureux à fuir avec eux en Éthiopie. Mais les choses tournent mal pour le général égyptien qui se retrouve devant des juges, accusé de trahison. Amnéris tente bien de la sauver mais amoureux d’Aïda, Ramadès n’y met aucune volonté personnelle…
On le voit, Aïda n’est pas seulement un immense succès populaire, l’opéra des foules et de la majestueuse scène du triomphe. C’est avant tout un drame intime, traversé par un triangle amoureux incandescent. Dans cette version adaptée et mise en scène par Frédéric Roels, directeur de l’Opéra Grand Avignon, avec la collaboration musicale de Solere, le drame se resserre autour des thèmes du déracinement, du rêve d’ailleurs, de l’identité menacée, un monde où chacun lutte pour préserver ce qui lui reste : l’honneur, l’amour ou la liberté. Mais une présence rôde dans l’ombre : un personnage unique et puissant, L’Homme de l’ombre, où se fondent les forces contraires du grand prêtre égyptien Ramfis et d’Amonasro. Ce personnage hybride incarne la manipulation, la pression morale, le poids des traditions et des intérêts supérieurs qui écrasent les individus. Une figure omniprésente, mystérieuse, qui tire les fils d’un destin déjà scellé.
Aïda déchaînée, c’est l’histoire d’êtres qui cherchent à se délivrer de leurs chaînes physiques et mentales, en un lieu où ils pourraient exister et aimer librement. Mais leur rêve se brise sur les frontières invisibles des Empires et des hommes de pouvoir. Une adaptation de l’œuvre de Giuseppe Verdi profondément humaine, où l’émotion affleure à chaque instant et où la musique du grand maestro italien rencontre la musique électronique du talentueux et jeune compositeur avignonnais, Solere.
Jean-Pierre Haddad
Opéra de chambre · Nouvelle coproduction Opéra Grand Avignon et Piccolo Opera Festival
Adaptation d’après Aïda de Giuseppe Verdi Frédéric Roels et Solere
Mise en scène, décor, costumes, lumières Frédéric Roels
Assistante à la mise en scène Nathalie Gendrot
Assistante à la scénographie et aux costumes Élise Vasseur
Aïda Diana Axentii
Amnéris Ahlima Mhamdi
Radamès François Rougier
L’Homme de l’ombre Igor Mostovoï
Cornet Emmanuel Collombert
Harpe Mathilde Giraud
Electronique Solère
Création à L’Autre Scène, Av. Pierre de Coubertin, Vedène. Mercredi 29 avril 2026 – 20h (Durée 1h30)
Informations et réservations : https://www.operagrandavignon.fr/aida-dechainee
Autre représentation : Dimanche 3 mai 2026 · 21h. Site archéologique Glanum · Saint-Rémy-de-Provence INFOS/BILLETTERIE site-glanum.fr
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