- Forteresses en ruine et forteresses debout
Parfois l’actualité semble se caler sur les programmations théâtrales… À la Garance, le vendredi 6 mars à 20h., Gurshad Shaheman, dramaturge iranien présenteraLes Forteresses, une œuvre créée en 2020 lors du Festival Rencontres à l’échelle (Marseille). Ici les forteresses, ne sont pas les bunkers effondrés d’une dictature religieuse sanguinaire, mais trois femmes qui ont traversé l’Iran islamique en devenant plus fortes que sa répression féroce : Jinous, Shirin et Hominaz sont nées en Azerbaïdjan iranien à la fin des années 1960. Gurshad Shaheman a invité sa mère et ses deux tantes à partager leurs récits bouleversants. Une véritable saga familiale au plateau. Ces trois femmes ont vécu la révolution de 1979 et traversé 8 ans de guerre. Un spectacle poignant qui mêle l’intime et le politique et rend hommage aux femmes iraniennes d’aujourd’hui qui luttent pour leur liberté avec le reste du peuple resté libre en esprit.
Extrait :
« Je vais te dire quelque chose, Gurshad
Aujourd’hui contre la fureur du monde
Je n’ai que ma joie
Et peu importe si elle est artificielle
Si elle empeste le whisky frelaté et les cigarettes américaines
Peu importe s’il y a des larmes dans mes rires
Il n’y a personne pour les entendre de toute façon
Maintenant
Monte le son un peu
Ce soir, j’ai envie de danser. »
Qu’ajouter de plus pour dire l’à propos d’un tel spectacle ?
- Un éveil chorégraphique animal pour les tout-petits !
Une semaine après, le samedi 14 mars à 11 heures, ce sera Coquilles (photo), d’Amala Dianon, un danseur autodidacte hip-hop hors du commun. En 2022, il figure parmi les quatre chorégraphes européens élus par le réseau Big Pulse Dance Alliance (Europe créative). Pour sa première création jeune public, Amala Dianor réunit deux interprètes pour deux physicalités différentes, duo d’une danseuse mante religieuse et d’un danseur bébé gorille ! Le chorégraphe reconnu pour son écriture qui fusionne les styles et les formes, questionne le vocabulaire et les identités des danseur.se.s. Dans cette quête, les corps se détournent de leur mécanique, escamotent leur origine pour que le geste se libère. Les énergies s’additionnent pour finalement trouver leur propre orchestration et entrer en résonance avec les plus jeunes.
Accessible dès 1 an, La Garance une Scène nationale vraiment pour tous ! (Durée 30 minutes).
- Un hymne à la jeunesse et au dépassement de soi
Le Mardi 17 mars à 20 h. et le mercredi 18 mars à 19 h. La Garance, caméléon assumé et généreux, deviendra chapiteau de cirque avec une création grand format, Ka-In du Groupe Acrobatique de Tanger, dans une chorégraphie de la metteuse en scène Raphaëlle Boitel. Une pièce joyeuse et très impressionnante : 13 acrobates proposent un véritable ballet circassien, une épopée acrobatique à couper le souffle et dans un mélange de tradition marocaine et d’influence contemporaine. Les corps tracent une fresque en mouvement, les pyramides humaines repoussent les limites de l’équilibre et de la cohésion, unissant symboliquement les rives de la Méditerranée.
Un élan de vie organique, puissant, drôle et captivant. (À partir de 7 ans, durée 1h10)
Jean-Pierre Haddad
La Garance, Scène nationale de Cavaillon. Rue du Languedoc, 84306 Cavaillon.
Informations et réservations : https://www.lagarance.com/
Des militants partagent ici des critiques littéraires, musicales, cinématographiques ou encore des échos des dernières expositions mais aussi des informations sur les mobilisations des professionnels du secteur artistique.
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