La Pologne a disparu englouti dans l’Empire Austro-hongrois et Cracovie est une ville provinciale avec tous ses préjugés, ses manières de vivre sous le regard des autres, le respect de la bienséance est nécessaire et même dans ce cas les commérages vont bon train. Maryla Szymiczkowa – pseudonyme de deux auteurs, Jacek Dehnel et Piotr Tarczynski, chacun ayant une carrière propre – a décidé, au travers d’enquêtes policières, de faire l’histoire de la ville de Cracovie jusqu’en 1946. Une fresque !

Pour cette entrée en matières, nous faisons connaissance avec l’héroïne principale Zofia Turbotynska, femme au foyer d’une quarantaine d’années sorte de Miss Marple – référence assumée à Agatha Christie – femme de professeur d’université. Comme toute femme de son rang, elle se targue d’opérations de bienfaisance, ici des enfants victimes de lésions cutanées, des enfants scrofuleux en organisant une loterie. La Maison Helcel, tenue par des religieuses, est un lieu qui accueille des vieilles dames, pensionnaires de l’institution comme les enfants. Une de ces pensionnaires, « Madame Mohr a disparu », point de départ de l’enquête.

Zofia fait preuve d’un redoutable sens de l’observation et de déduction tout en respectant apparemment l’étiquette de son milieu.

Les auteurs en profitent pour décrire ce milieu en pastichant des auteurs que le lecteur français ne connaît pas forcément provoquant de temps en temps une certaine torpeur devant la multiplicité des descriptions. Un guide aurait été nécessaire.

Malgré tout, entrer dans ce labyrinthe que représente Cracovie à ce moment là. Vous y trouverez les artistes importants comme la configuration de la société de l’époque même si vous ne riez pas autant – semble-t-il – que le lecteur polonais. Il est possible, aussi, de trouver quelques références dissimulées à la Pologne d’aujourd’hui.

Nicolas Béniès

« Madame Mohr a disparu », Maryla Szymiczkowa, traduit par Marie Furman-Bouvard, Agullo/Noir


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