Philippe Meyer, en amoureux de Paris, offre à sa ville une lettre d’amour en mots et en chansons. Dans ce portrait les contrastes ne sont pas absents. Beauté de la ville qui séduit toujours ses amoureux, même si les décors changent, ville de la fête, ville des riches et du pouvoir mais aussi ville cruelle pour les pauvres et les laissés pour compte isolés.

Avec érudition, intelligence et humour, l’auteur va piocher dans les textes littéraires (Thomas Becket, Victor Hugo, Balzac) et dans l’histoire (chansons satiriques contre le système de Law à la veille de la Révolution, chansons de J.B. Clément rappelant la Commune). En ancien étudiant en histoire et en sociologie, il y mêle des réflexions sur les changements de la population mais aussi des anecdotes savoureuses, tels les jugements portés sur le futur métropolitain lors de sa construction ou certains délires d’édiles municipaux adeptes du tout voiture ! Il y a les incontournables – les femmes, le touriste, la Joconde – et des observations attentives ou moqueuses, cyclistes vs piétons ou le Parisien et la file d’attente. En souvenir de l’enseignant qu’il fut, il place avec un humour joyeux « un moment culturel et pédagogique » sur l’origine de certains noms de rue.

L’auteur donne surtout la place d’honneur aux chansons, celles que l’on connaît tous, pour lesquelles l’œil des spectateurs se met à pétiller et où ils retiennent leur folle envie de chanter avec lui, et d’autres moins connues. On retrouve Jean-Roger Caussimon et Léo Ferré, J.P. Sartre et V. Cosma, Jean Nohain et Mireille, Guy Béart et Marcel Aymé. Comme le piano à bretelles est un peu l’instrument de musique associé à Paris, Philippe Meyer est accompagné à l’accordéon par Jean-Claude Laudat, que l’on a déjà pu admirer dans des spectacles de François Morel. Quant aux chansons les plus connues sur Paris, celles que le spectateur attendait, elles arrivent dans le rappel virtuose et bien préparé !

Philippe Meyer charme le public par son humour et son intelligence dans le choix des textes et des chansons et par sa voix chaude, celle qui nous enchanta longtemps sur France Inter, France Culture et France Musique. Tout s’enchaîne avec fluidité, par association d’idées souvent, jusqu’au pot-pourri final, petit chef-d’œuvre de virtuosité !

Il y a de la tendresse, de l’émotion, un peu de nostalgie mais aussi de l’espièglerie et de la gourmandise dans ce spectacle qui pétille comme du champagne.

Micheline Rousselet

Jusqu’au 21 août au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris – du mercredi au samedi à 20h, le dimanche à 17h – Réservations : 01 45 44 57 34 ou www.lucernaire.fr

Bienvenue sur le blog Culture du SNES-FSU.

Des militants partagent ici des critiques littéraires, musicales, cinématographiques ou encore des échos des dernières expositions mais aussi des informations sur les mobilisations des professionnels du secteur artistique.

Des remarques, des suggestions ? Contactez nous à culture@snes.edu