Le jeune cavalier Ouroz participe au plus important tournoi d’Afghanistan, le Bouzkachi du roi. Alors que ses qualités équestres le donnent gagnant, la chute de son cheval se soldera par une mauvaise fracture de la jambe.

Ne pouvant poursuivre la compétition à cause de sa blessure, il doit retourner dans sa province et faire face à son père, le grand Toursène qui détient la fierté et la gloire d’une famille.

Théâtre : les cavaliers
Théâtre : les cavaliers

En adaptant pour la scène le roman de Joseph Kessel, Eric Bouvron engageait un véritable défi.

Comment transcrire sur un plateau de théâtre les longues chevauchées, rendre crédible dans un espace réduit, l’aventure à travers les steppes afghanes et le périlleux voyage initiatique du fougueux et fier Ouroz.

Eric Bouvron et Anne Bourgeois s’y prennent de la façon la plus simple qui soit. Les impressionnantes montures qui cavalcadent seront figurées par des tabourets et il ne restera plus aux cavaliers de théâtre, par la magie d’une gestuelle inspirée du jeu d’enfant mais ici élaborée, précise et habilement chorégraphiée, qu’à mimer la cavalcade.

L’effet est stupéfiant.

Si le travail de découpage du roman crée l’illusion sans le recours au moindre effet, les acteurs, en passant d’un personnage à l’autre avec une économie de gestes et d’accessoires vestimentaires, atteignent de la même façon au domaine de la magie.

La fougue et la passion qui traversent le roman d’aventures de Joseph Kessel sont rendues grâce à l’ingéniosité, l’inventivité de la mise en scène, sa vigueur, son rythme soutenu et une très solide interprétation.

Un plateau dépouillé, des éléments de décor se limitant à quelques tabourets et un rideau utilisé pour des transparences dont la mise en scène n’abuse pas, laissent le champ libre à des confrontations de personnages, des changements de costumes presqu’imperceptibles, à des moments d’aventures épiques ou à une séquence de combat magnifiquement chorégraphiée qui révèle par sa perfection, le travail ciselé d’une mise en scène d’apparence modeste.

Voilà une très bonne surprise et le public ne s’y trompe qui afflue chaque soir et qui applaudit l’efficacité de la transposition, l’ingéniosité de la mise en scène et les performances de comédiens époustouflants.

Francis Dubois

Théâtre La Bruyère 5 rue La Bruyère 75 009 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative 01 48 74 76 99

www.theatrelabruyere.com


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